Berg (1926), Suite lyrique

Le compositeur et son ouvrage
Maître de la transition infime selon son élève Theodor Adorno, Alban Berg est le plus accessible des compositeurs clés de la seconde école de Vienne (Schönberg, Berg, Webern). Son œuvre ne versera jamais complètement dans la révolution dodécaphonique initiée par Arnold Schönberg et épurée jusqu’aux confins du minimalisme par Webern. La musique de Berg conserve toujours quelque chose de l’expressivité vibrante, sombre et sensuelle du romantisme tardif.

Le quatuor à cordes Suite lyrique
est une œuvre spéciale, codée, secrète. Un “opéra latent”selon Adorno. D’essence dodécaphonique, son mystère est ailleurs. Sa construction repose sur la combinaison, en plus des nombres 10 et 23, des notes-initiales A (la) et B (si bémol) pour Alban Berg, et H (si) et F (fa) pour Hanna Fuchs, sa maîtresse adorée. Fait rarissime dans l’histoire de la musique, une partition annotée par Berg lui-même décrit le programme extra-musical de la Suite lyrique. Elle ne sera révélée publiquement qu’après le décès de son épouse en 1976, 41 ans après le décès d’Alban Berg.

L’atelier
Afin de donner un aperçu plus général de la musique dodécaphonique, l’atelier présente d’abord des extraits de la Suite pour clavier op. 25 de Schönberg et du Quatuor op. 28 de Webern. Les passages clés de la Suite lyrique sont ensuite écoutés, illustrés et commentés  sous l’angle musical, symbolique et narratif.

La version écoutée
Berg, Lyrische Suite für Streichquartett; String Quartet, op. 3. Webern, String Quartet op. 28, …. Schönberg, String Quartets 1-4,… – Lasalle Quartet, 4CD (Brilliant Classic, 2009)