Prokofiev (1930), Quatuor à cordes n°1…

Le compositeur et son œuvre
Pianiste exceptionnel et enfant prodige, Prokofiev quitte la Russie après la révolution de 1917 pour améliorer sa situation matérielle avec des tournées de concerts. Il vit à Paris puis aux États-Unis, avant de revenir en URSS en 1933. Considéré par ses pairs comme le plus grand compositeur soviétique, il n’échappe pas aux critiques virulentes de “formalisme bourgeois” lorsque ses œuvres s’éloignent des canons du régime stalinien. Il a donné au répertoire du piano neuf sonates aussi splendides que coriaces.

Le Quatuor à cordes n°1 (opus 50) est une œuvre de commande composée aux États-Unis. Prokofiev, qui n’avait jamais écrit de quatuors, étudia les quatuors de Beethoven pour s’y préparer. L’œuvre, très séduisante, garde une influence beethovénienne et restitue tout le style de Prokofiev: tonicité du rythme puissant et joueur, volontiers percussif, en alternance avec des clartés lointaines, mystérieuses, furieusement mélancoliques, ni d’ici, ni de là, sur le fil.

La Sonate pour piano n°7 (opus 83) composée en URSS durant la guerre est l’une des trois “sonates de guerre” (n° 6-7-8).  Elles marquent l’apogée de la création pianistique de Prokofiev. Un prodige de puissance rythmique et percussive. Russissime.

L’atelier
Première partie: Mélodies. Contrairement à Tchaïkovski et à Moussorgski, Prokofiev ne composa des mélodies que par intermittence durant sa carrière, mais il livra des bijoux, notamment sur des textes de Pouchkine et de la poétesse Akhmatova.

Seconde et troisième parties: Quatuor à cordes n°1  et Sonate pour piano n°7, présentation du plan d’ensemble, commentaire des passages clés et jeux d’écoute.

Les versions écoutées
Prokofiev, Quatuor à cordes n°1…, Emerson String Quartet (Deutsche Grammophon, 1991)
Prokofiev, Sonate pour piano n°7, Yefim Bronfman (Sony, 2013)